Exposition à Tanger sur certaines activités artisanales en voie de disparition dans le nord du Maroc et dans la province andalouse.
La ville de Tanger a accueilli de vendredi à dimanche la 1re exposition des métiers de l'artisanat menacés d'extinction au nord du Maroc et en Andalousie, avec la participation d'une trentaine d'exposants des deux régions. Ainsi, les artisans participant à cette exposition sont issus respectivement des villes de Tanger, Tétouan, Al Hoceima, Ouezzane, Chefchaouen, Larache, Taza, Oued Laou et pour le sud de l'Espagne, de Grenade, Séville et Jaén.
Cette manifestation, organisée dans le cadre d'une coopération maroco-espagnole, vise à mettre la lumière sur ce genre de métiers qui risquent de disparaitre en raison de la faible demande concernant leurs produits et le peu d'engouement chez les jeunes artisans. Le secteur de l'artisanat a longtemps été considéré comme un secteur peu productif et peu rentable alors qu'il souffrait essentiellement d'un manque d'organisation et de déficit en données statistiques précises. C'est pourquoi, alors même que le domaine pourrait être pourvoyeur d'emplois et générateurs de plus-value, l'artisanat est aujourd'hui considéré comme un secteur en danger d'extinction. Aujourd'hui, grâce aux différents projets d'encouragement lancés par S.M.
Mohammed VI pour le renouveau du secteur et sa promotion à travers le ministère du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Economie sociale, le tourisme a repris un second souffle. Toutefois, la stratégie gouvernementale adoptée en matière d'artisanat reste insuffisante. Cette foire maroco-espagnole s'inscrit dans cette approche moderniste et pragmatique que s'est fixé le Royaume afin de produire et de commercialiser un artisanat au goût du jour, en vue de relancer certains corps de métiers en perte de vitesse et d'augmenter la compétitivité et le rôle de l'activité artisanale dans le développement socio-économique du pays.
Le délégué régional de l'Artisanat, Hamid El Kenab, a indiqué que cette foire fait suite à une initiative similaire organisée il y a quelques mois dans la ville andalouse de Ronda, dans le but de valoriser le patrimoine artisanal du Nord du Maroc et de l'Andalousie.
Le partenariat maroco-espagnol s'emploie, dans ce domaine, à développer la coopération mutuelle et à élaborer des études conjointes sur les moyens de préserver ce savoir-faire ancestral, dans un contexte de décroissance de la demande, notamment du côté espagnol, a ajouté Hamid El Kenab. Plus d'une vingtaine d'exposants marocains prennent part à cet évènement, représentant des métiers tels la bijouterie, la menuiserie traditionnelle, la céramique, le zellige, le métier du cuivre et la tapisserie.
Côté espagnol, six exposants participent à cette manifestation avec des métiers semblables, jetant ainsi la lumière sur la proximité des traditions artisanales et l'héritage culturel des deux pays, avec à peine, quelques différences dans les détails et les motifs.
L'artisanat, un secteur porteur
L'artisanat est un secteur vital pour l'économie marocaine. Ce domaine participerait à hauteur de 19% au PIB national, d'après «Le livre blanc pour l'artisanat et les métiers» élaboré par la Chambre des artisans de Tanger, sans compter qu'il emploie plus de 20% de la population active. largement supérieur au secteur industriel qui, lui, ne fait appel qu'à 12% de la population active nationale. Par ailleurs, sur tous les achats réalisés par les touristes, lors de leur séjour au Maroc, l'artisanat représente 23% des gains. Si l'objectif du gouvernement marocain est d'atteindre les 20% des touristes en 2020, ce secteur devra multiplier la production par huit, sur une période de 10 ans.






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